État des lieux en 1970

           Poser ses meubles, c’est bien, mais il faut aussi faire connaissance avec le village et découvrir toutes ses possibilités. Direction « La Fleur de Lys », notre premier contact, sur la place du village. Nous retrouvons Monsieur Goittet, le propriétaire des lieux, un grand moustachu, et son chien Radja, un chow-chow lunatique et têtu. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit du plus ancien commerce de La Houssaye puisque ce bâtiment est presque  tricentenaire.
               En face, Mr et Mme Desjardins, toujours souriants, vous accueillent à « la COOP », une épicerie multi-service bien utile. Un peu plus loin, Mr et Mme Rigour vous attendent dans leur boulangerie buvette. Le comptoir est à gauche, dans une toute petite salle qui communique à droite avec la boulangerie, un peu plus grande. Leur chienne, Sissi, petite mais hargneuse, filtre les entrées. Juste à côté se tient la boucherie de Mr et Mme Pancheret et Miko, leur berger allemand souvent couché devant la boutique. En traversant la rue, on trouve une épicerie-fromagerie-buvette-ménage et tout et tout, tenue par la famille Frénot. Au début du 20ème siècle, on pouvait même y faire le plein d’essence. En remontant un peu la rue de la gare, à présent l’avenue du Général Leclerc, on trouve la quincaillerie tenue par Mr et Mme Crégu, toujours prêts à rendre service. Bien pratique pour les bouteilles de Butagaz !
              Côté « Services », il y a la vieille église Saint Nicolas, elle daterait du 13ème siècle, coincée et prisonnière entre 3 murs, et qui fait face à la place du village. La Mairie, ou tout au moins la salle du Conseil et des mariage, construite en 1884, se trouve rue de Bussière, la rue principale du village. Au rez de chaussée, on trouve l’école des garçons, une classe unique que nos fils ont fréquenté la première année. Le secrétariat de la mairie se trouve dans un immeuble mitoyen, un ancien presbytère construit peu après par la commune, et désaffecté. Juste en face, il y a le bureau de Poste ouvert en 1880, petit mais qui a le mérite d’exister. On trouve l’école des filles avenue  du Général  Leclerc, dans  les  anciens   bâtiments   d’une  école  religieuse  donnés  à  la commune par la

congrégation après le décès de la  Sœur Principale.     
               Le château, il faut savoir qu'il existe pour le trouver! Et bien le chercher, caché qu'il est derrière les hauts murs qui entourent l'église. Il daterait de l'époque féodale, vers la fin du XIIIème siècle. Actuellement, il s'agit d'une propriété privée et aurait, comme beaucoup de châteaux, toute une histoire à raconter. Peut-être que plus tard...
                Preuve de ruralité, on compte encore 8 fermes en activité dont 4 se trouvent au cœur du village. La Houssaye possède également (pas pour longtemps) sa gare SNCF ouverte en 1860 à la limite de La Houssaye et de Crèvecœur. A tout cela, il faut ajouter de nombreux artisans, comme Mr Benoit le menuisier, Mr Foucault le maçon ou Mr Chouteau le maréchal ferrant, un monument de pittoresque.
               La Houssaye possède également son terrain de sports à la sortie du village. Loué à un cultivateur depuis 1941, il a été acheté par la commune en 1968 et le C.S.H., club omnisports du village, a été créé à cette occasion.
               Enfin, aux commandes de ce petit navire depuis 1953, il y a  le Maire, Monsieur Louis Waechter qui préside son Conseil Municipal avec autorité mais qui, en visionnaire,  a toujours su anticiper, je l’apprendrai plus tard, pour suivre l’évolution de « son » village au cours de ses 4 mandats. Seul son état de santé lui fera baisser les bras.
              Côté animation, c'est plutôt calme. Il y a la fête du village début mai, sur la place, avec des manèges et des jeux. Le comité des fêtes est en sommeil depuis quelques années et on ne danse pas le 14 juillet. Mais il y a les villages voisins!
               En me remémorant tout cela, je réalise à quel point ce « petit village rural » de 584 habitants au compteur n’avait rien à envier à beaucoup d’autres et que notre choix, sans le vouloir, était un très bon choix. Nous ne l’avons jamais regretté.
   


L'église en 1970


Le Point COOP


La mairie


Café restaurant La Fleur de Lys


La Fleur de Lys en 1950


La salle du café La Fleur de Lys


 Vue d'ensemble de la place